L’église de Saint-Pierre-Eglise

Un peu d’histoire…

Ayant des origines remontant au XIIe – XIIIe siècle, la tour-clocher de Saint-Pierre-Eglise est une impressionnante construction de trente mètres de haut. Cette hauteur a été atteinte au fil du temps, après ajouts d’étages supplémentaires au premier niveau roman. Le second niveau date de la période Gothique et sous sa voûte devait se trouver la première chambre des cloches. Celle-ci pouvait être éclairée par les fenêtres hautes et étroites qui sont actuellement bouchées. C’est à la fin du XVIIe siècle – début XVIIIe que l’on songe à surélever à nouveau la tour de l’église. Ce dernier niveau se veut très ostentatoire, avec de larges fenêtres closes de menuiseries persiennées avec balustrade en pierre de taille, le tout couronné par quatre tourelles en encorbellement placées aux quatre angles de la tour.
Cette tour est un des symboles architecturaux de la région, elle possède une valeur historique forte et offre, lorsqu’on y accède, une vue panoramique sur les côtes du Cotentin, sur le bourg, le château et ses jardins.
La base du clocher a été construite au XIIe siècle (petit portail roman) puis agrandie au XVIIe siècle. Pour rendre l’ensemble harmonieux, le clocher initial « à bâtière » a été rasé pour être remplacé par une tour carrée.

extérieure église saint-pierre-eglise
portail roman eglise de saint-pierre-eglise

L’architecture intérieure mérite un examen particulier : voûte en forme de barque renversée par allusion à la barque de St Pierre Apôtre, et par ordre hiérarchique, les commandements de l’Eglise dans les encadrements inférieurs surplombés de commandements de Dieu dans les médaillons. La « perque », légère malgré sa longueur, porte tous les instruments de la passion et le symbole du péché originel.

Sur l’autel de la Sainte Vierge est placée une statue appelée « la Madone de Saint Pierre ». Elle est en cœur de chêne. C’est la vierge à l’enfant, assise et tenant dans sa main droite l’église de la paroisse.

A partir des années 1650, Saint-Pierre-Eglise entre dans une ère de prospérité. L’église devient alors trop petite par rapport au nombre de paroissiens présents. On décide donc d’agrandir en conservant la tour et le cœur de l’ancienne église.
Le baron de Saint-Pierre-Eglise, Charles Castel, qui finança les travaux, conclut le 11 juin 1651 un arrangement avec les maçons qui s’engagèrent à construire dans un délai de 15 à 18 mois.
L’architecte de l’équipe donne à l’édifice la forme d’une grande halle. Il garde pour la nouvelle église la même longueur que celle qui était en place, mais il décide de l’élargir et d’élever encore la tour. L’ancien chœur est transformé en sacristie. La voûte est construite en moellons bruts et a une épaisseur de 30 cm. La façade nord de l’église est conservée, seules les fenêtres à arc brisés qui s’y trouvent sont remplacées par des ouvertures en anse de panier afin de retrouver les mêmes que sur la façade sud.
Le 3 août 1658, la toiture de l’église commence à être posée. Le délai fixé a donc été dépassé. On construit un nouveau beffroi au-dessus de l’ancien dont les fenêtres équipées d’abat-son furent murées. Sur la terrasse, on pose les marches d’un calvaire.
On peut voir inscrit sur la marche la plus haute l’année 1661 qui nous renseigne sur la date de fin des travaux.
L’église fut meublée à neuf : rétable à trois autels, tableaux, etc.
L’ensemble (construction et aménagement) coûta à titre personnel 30 000 livres au baron de Saint-Pierre.

De ce mobilier, il ne reste rien, tout fut saccagé en 1794 et mis à l’encan (vendu aux enchères) : c’était la révolution. L’église fut louée aux enchères pour une année à Christophe André au prix de 20 sous 1 denier. Le calme revenu, il fut mis un autel provisoire : tout était à refaire.
En 1817, Philippe Aubin de Valcanville mit en place la magnifique « perque » du crucifix. On peut remarquer sa légèreté malgré sa longueur. Elle porte tous les instruments de la passion et le symbole du péché originel.
En 1820-1821, des travaux de peintures furent entrepris par M. JEAN, premier de Rome, sur la partie haute du rétable ainsi que sur la voûte de l’autel de la Sainte Vierge.
Le rétable à trois autels de 1824, est l’œuvre de M. LEMOIGNE de Saint-Mère-Eglise. Les tableaux, dorures et peintures coûtèrent la somme de 3 450 F. Le tableau représente Saint Pierre rencontrant Jésus ressuscité.
Quatre cloches ont été montées dans le clocher en 1825. Les vitraux relatant la vie de St Pierre Apôtre datent de 1885.
Les stalles du chœur sont de 1848. Elles ont été depuis déplacées vers les côtés pour permettre la mise en place de l’autel de face au peuple et donner plus de dégagement.
Les vitraux, placés en 1885, méritent une attention particulière puisqu’ils relatent, la vie de Saint Pierre Apôtre, patron de l’église.
L’orge, placé dans la tribune, fut l’œuvre de M. l’abbé LOIVET, curé-doyen. Il fut inauguré en 1930. Par la suite, la tribune dut être agrandie. Un premier orgue fabriqué vers 1751 par un Saint-Pierrais, Christophe RENOUF, avait été mis en pièces pendant la révolution.
La statue de Saint-Pierre assis, placée dans le porche d’entrée, date de 1936.
La statue de Saint-Pierre debout, érigée dans l’ancien cimetière,datede 1947. Elle est due au sculpteur Ch. JACOB et fut élevée par la piété reconnaissante des paroissiens, Saint-Pierre-Eglise ayant été épargné pendant le conflit 1939-1945.
En 1957, les joints des piliers intérieurs supportant la voûte et les joints extérieurs de l’édifice ayant été refaits, cela a redonné un meilleur aspect général à notre église.

extérieure église saint-pierre-eglise

En 2002, un projet de sécurisation, de restauration et de mise en valeur de la tour de l’église est à l’étude. Une première tranche importante de travaux est réceptionnée en 2008 et fait place à une deuxième tranche de moindre ampleur portant sur la réfection des quatre abat-sons, des balustrades du salon belvédère, des portes dont une porte Romane et de l’horloge qui sera réceptionnée en 2012.